Historique

Autrefois (avant l’an 1000) le village s’appelait «Crémeur» signifiant grande côte.

Vers 1100, l’activité économique (métallurgie, lin et chanvre) prend de l’essor et Crémeur devient Le Vieux Marché.

C’est en 1790 que la paroisse devient une commune et portera le nom de Saint Gilles Vieux Marché. Cette appellation Vieux Marché date de l’Ancien Régime et aurait un lien avec l’importance de son commerce à cette époque. La commune fut à l’époque la capitale de la clouterie pour la Bretagne et même pour l’Europe.

La commune aujourd’hui peuplée de 331 habitants s’étend sur 2195 hectares. Elle fait partie du canton de Mûr de Bretagne et de la communauté de communes de Loudéac.

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Historique des sites métallurgiques des Etangs de la Martyre et de Poulancre

"Il est acquis qu’une installation métallurgique a existé à la Martyre et à Poulancre à l’époque médiévale. Après avoir été florissante, elle a été délaissée et reprise ensuite au XVIII ème siècle. Historiquement, elle est liée à la famille des Doisseau (ou Loisseau) dont l’un des frères, Jacques de la Poulassière résidait à St Mayeux. Déjà maître des forges à Quénécan, cette famille était apparentée aux «de Saint Pern», qui laissera son nom au village actuel de Kersaintpern à St Mayeux en bordure de l’étang de la Martyre. Les membres de la famille Saint-Pern ne sont pas des métallurgistes. Aussi cèdent-ils leurs biens aux Doisseau qui, outre Quénécan, exercent déjà leurs talents aux forges du Vaublanc, près de Plémet et la Nouée près de Josselin.

Au XVII ème siècle, les Doisseau font construire le manoir de Poulancre au Vieux Marché. C’est plus une maison de noble qu’une maison de Maître des Forges. La famille dispose de la forêt de Poulancre. Entendons-nous bien, celle-ci n’a rien à voir avec le bois de Poulancre actuel. Elle s’étendait jusqu’à Saint-Mayeux au nord et atteignait, à l’ouest, Laniscat jusqu’au Daoulas, en couvrant le Ménéhiez pour coiffer Caurel et Saint-Gelven, rejoindre la rive du Blavet en engloutissant Mûr, qui n’existait pas encore, le bois de la Roche, le Quélennec, la lande de Saint-Guen et peut-être encore quelques dizaines d’hectares en plus.

Le bois de Mûr a été transformé en landes entre 1550 et 1675. A partir de ce moment, Mûr va commencer d’exister. Quant à l’étang de la Martyre, son existence est déjà en 1640/1650. C’est vers cette date également que va démarrer la création de l’étang de Poulancre puis celle d’un Haut-fourneau.
Ainsi, le complexe sidérurgique de la Martyre-Poulancre va se composer de trois éléments séparés. Seul le premier, le plus ancien, nous a laissé quelques vestiges. Il s’agit de ce qu’on appelle un Bas-fourneau, situé à la Martyre entre la Porte Machelot et la porte Maurice.
A l’intérieur de cette construction on entassait par couches successives le bois et le minerai. Ce four colossal atteignait cinq mètres de hauteur, ce qui nécessitait déjà un plan incliné important pour le déversement du minerai dans le gueuloir du Bas-fourneau. La température de chauffe ne dépassait pas 900° ce qui donnait en production un magma pâteux englobant les scories et les impuretés. L’épuration se faisait manuellement en frappant la fonte à coup de marteau. Cette opération s’appelait le cinglage.
Ensuite, la fonte découpée en gueuses était transportée, pour être affinée à Basse Indre en Loire Atlantique ou aux Forges des Salles dans la forêt de Quénécan. C’est pour pallier ces transports que fut construite l’usine d’affinage à Poulancre, c'est-à-dire le Haut-fourneau.
C’est une installation de dimensions plus vaste que le Bas-fourneau, avec une hauteur de 8 à10 m et située en contre bas de l’étang actuel, permettant ainsi un plan de chargement relativement aisé. Elle peut produire une chaleur de fusion égale ou supérieure à celle du fer, soit 1536°. Le métal qui coulait en aval du Haut-fourneau contenait un important pourcentage de carbone. Il était soumis, pour être épuré et devenir fer, à un fort courant d’air oxygéné. Après ce stade de transformation, il ne restait plus qu’à opérer la dernière étape qui déroulait dans la fenderie, atelier de travail qui constitue en quelque sorte l’ancêtre des laminoirs actuels. Le métal, chauffé à nouveau, était passé entre des cylindres tournant en sens inverse.
Cette opération donnait en fin de parcours les «verges», sortes de longues tiges de métal. Celles-ci étaient découpées à St Gilles, ou plutôt au Vieux Marché à l’époque, elles subissaient un traitement de forge qui donnait une spécialité très recherchée: les fers à clous. Par sa production de clouterie, le Vieux Marché est rapidement le plus grand centre de cette catégorie de fournitures métallurgiques pour la Bretagne et tenait une position importante au niveau européen, avec comme principaux clients: le bâtiment, les instruments de culture et surtout les chantiers navals.
La Fenderie était installée à environ 150 mètres en contre bas du Haut-fourneau. Un bout de la chaussée du petit étang qui servait à actionner les cylindres apparait encore à gauche de la route qui descend vers Mûr.

Le minerai traité dans ce complexe sidérurgique de la Martyre-Poulancre provenait du filon existant entre Gouarec et Uzel.
Des traces d’extraction sont encore visibles au Boterf et à la Vidance notamment.
L’extraction se pratiquait à ciel ouvert et les groupes de mineurs, au nombre d’une dizaine par unité, se déplacent au fur et à mesure de l’épuisement d’un site, emmenant avec eux leurs familles pour lesquelles il fallait construire des huttes faites d’un amalgame de bois et de branchages tressés.
Chaque coulée de fonte produisait 60% de résidus ou «laitier».

Bien que l’introduction d’une Fenderie dans le processus technologique de cette sidérurgie, constitua une avancée très moderne due aux liaisons entre la famille des Rohan et les sidérurgistes belges au moment des guerres de religion, bien que apparaisse aussi l’usage de la castine, un dérivé de la chaux de Cartravers, comme élément de la purification du minerai en cours de fusion, le complexe sidérurgique de la Martyre-Poulancre terminera son activité après environ 120 ans d’existence. On constate en effet progressivement un délabrement des installations, on relève les effets pervers de la concurrence étrangère due à l’emploi du charbon de terre à la place du charbon de bois; beaucoup d’accidents de travail sont notés, de même que l’emploi d’enfants de dix ans sur les installations, aucune amélioration des structures n’est intervenue contrairement à l’évolution moderniste des forges similaires.

Par ailleurs, même si la route de Mur, qui ne verra le jour qu’en 1844, n’existe pas encore, le goulet de l’entrée de la vallée de Poulancre ne permettait pas un développement favorable à l’ensemble du complexe disséminé entre la Martyre, Poulancre et la Fenderie. Il apparait manifestement sur le site un manque d’unité. Le vent de la concentration soufflait déjà sur l’activité métallurgique si l’on en juge par la trace importante de liaisons constantes, à dos d’ânes, de mulets espagnols et de bidets de Corlay entre la Martyre et les Forges de Salles, tendant à grouper la production locale sur la forêt de Quénécan.

Il faut aussi garder présent à l’esprit qu’au cours d’une campagne de chauffe, qui durait 10 mois, une forge absorbait 5 à 10000 cordes de bois, soit l’équivalent de 4 à 5 journées de forêt, c'est-à-dire de 200 à 250 hectares de bois sur pied d’une vingtaine d’années d’âge. Ce procédé, malgré la grande étendue de la forêt de Poulancre, épuisait les réserves de bois, en l’absence d’un renouvellement rapide ou d’étendue suffisamment grande.

L’ensemble des charbonniers, des bûcherons et des mineurs constituent une masse importante représentant 60% de la population, analphabète, elle se cantonnait dans un langage de patois au vocabulaire limité. C‘est la raison pour laquelle, lorsqu’à partir de 1625, lorsque Louis XIII décida que tous les habitants du royaume porteraient un nom patronymique, c'est-à-dire un nom de famille, ces tacherons vont se présenter à l’état civil tenu à l’époque par église. Le scribe de servic, sans doute le sacristain, recevant ces individus au visage rougeoyant, brûlé par le soleil, le vent et le feu et, ne comprenant pas au surplus leur parler, va les baptiser presque tous de Burlot, patronyme dérivé de «Berlu», nom breton de la digitale qui symbolisait la couleur de leur visage. Sept cantons du centre Bretagne, en plein Argoat, ont ainsi reçu le privilège d’avoir fourni au reste du monde le nom de Burlot et Saint Gilles Marché en faisait partie.»

Texte extrait de la conférence du 30/08/96 de Mr Alfred Burlot.

A ce jour, il ne reste malheureusement aucune trace du Haut Fourneau, détruit par ignorance ou négligence lors d’une vidange de l’étang de la Martyre il y a quelques années.

Carte de Saint Gilles Vieux Marché en 1947

Artisans et commerces au 20ème siécle

St Gilles a été une bourgade bien animée.

A une certaine époque, on y dénombrait 11 cafés et 2 Café-restaurants, 7 épiceries, 1 boulanger, 3 menuisiers- charpentiers, 1 Charron, 2 Sabotiers, 2 bouchers de campagne, 1 Tailleur, 2 Merceries, 2 couvreurs, 2 maçons, 2 meuniers ….

DANS LE BOURG:

* Jean TALDIR - Menuisier –Charpentier, rue du lavoir (cette maison qui avait un escalier en pierre a été détruite)

* Marcel LE GALL – Sabotier, habitait l’actuelle maison d’Aristide Le Boudec près de la fontaine.

* Léon TALDIR – Menuisier –Charron (père de Léon TALDIR ancien restaurateur et lui-même menuisier) fabriquait des roues de charrette et avait construit lui-même son atelier.

* Suzanne TALDIR tenait un café-restaurant à l’emplacement du restaurant actuel, Léon, son fils et sa femme Suzanne, prendront la relève et en feront «l’ Hôtel - Restaurant de la Vallée» actuel.

* Mathurin MORICE était mécanicien agricole dans l’ancienne annexe de l’Hôtel de la Vallée, il aurait été un des premiers St Gillois à posséder une voiture.

* Marie –Joseph JEGOUIC dite "Gégée" tenait un café-épicerie dans une maison détruite de nos jours qui se situait à l’angle de la rue du lavoir. (Voir photo ci-dessous)

 Commerce St gilles

* Victor NEVO était Boucher de campagne.

* Léa NEVO tenait le Café- Restaurant «Hôtel des touristes», elle fut une pionnière dans le fleurissement.

* Marie-Sainte GALLAIS tenait un café, son mari Joseph était cordonnier dans ce qu’on appelle l’ancienne maison d’Agnès, dans la salle arrière il y avait bal avec piano mécanique. Pendant la guerre c’était le seul endroit du bourg équipé du téléphone.

* Georges FRELEAU était Boucher de campagne, il habitait avec sa mère Julie qui tenait le bistrot du «gros chêne».

Le célèbre «gros chêne» a été ensuite racheté par Francine et Jean-Baptiste Georgeais. Jean-Baptiste faisait le boucher de campagne à son tour et Francine tenait le café.

* Hippolyte NICOLAS était couvreur et sa femme Rosalie qui tenait une épicerie dans la maison de l’ancienne boucherie.

*Guillaume RUELLAN était Boulanger, il tenait sa boulangerie avec sa sœur Geneviève, à sa retraite la boulangerie a été reprise par un jeune couple Bernard et Marylise DY; elle fermera en 1972.

* Mathurin SALVART était maçon, il habitait dans la maison de Paul et Germaine BOSCHER.

* Solange ROBERT née TRIN tenait une Epicerie rue de l’Eglise. Son frère Roger TRIN était épicier ambulant.

*Marie RUELLAN née THOMINET, était couturière et tenait un bureau de Tabac dans la maison Boscher.

*Marie JAUNY tenait un Café, dans la maison située entre la maison Boscher et Pierre Le Pêcheur.

*Mathurin THOMINET exerçait le métier de Tailleur dans la maison actuelle de Mr TURPIN, sa femme Joséphine tenait une Mercerie.

*Anne-Marie MARSOUIN tenait une Epicerie dans l’ancienne maison d’Alexandre LE BRETON, pour quelques sous, les écoliers de l’époque pouvaient acheter un gros cornet de bonbons.

*Jean LE HELLEY était bourrelier – matelassier, il habitait une maison (détruite de nos jours) il reste un pan de mur : à gauche au début de la rue du stade, en face la maison de Mr et Mme Morel.

*Francine LE BIHAN tenait un Café rue du Porh actuelle.

*Marie LE BOUDEC dite «La boudette» tenait une quincaillerie dans l’ancienne maison de Louis Jouan rue du Porh, elle était également «sage femme ».

*Mie-Ange AUDRAIN née TOQUIN tenait une épicerie rue du Porh dans la maison Ruelland, son mari était Couvreur.

*LE LAY était Sabotier.

*Marcel LE MAOUT - Forgeron et maréchal-ferrant avait sa forge attenante à la maison de Louise NEVO; sa femme Virginie tenait un café-tabac et épicerie. Lucien OREAL prendra la relève de la forge.

En CAMPAGNE:

*Louis LE MAOUT était Maréchal-ferrant, il exerçait au lieu-dit «le Poteau» sa femme Julia tenait un Café, leur fils Georges prendra la suite de l’atelier en Mécanique Agricole.

*Joseph GEORGEAIS était Charron au «Poteau» dans la maison LE LAY actuelle, son Neveu Maxime Georgeais exerça par la suite en temps que Menuisier, sa femme Berthe y tenait un café.

*Louis CHARPENTIER était entrepreneur- maçon à Kerniault.

*Amélie TILLY, était couturière à Kerniault, elle travaillait à domicile mais se déplaçait également dans les fermes.

*Pierre SIMON était Charpentier et tenait une scierie au Quélennec.

*Mr et Mme BURLOT, parents de l’ancienne secrétaire de Mairie tenaient un Café au «Rumelen»

*Jules TENO tenait un Café à Bel Air dans l’actuelle maison de Nadine et Jean-Luc COLLIN.

*Angèle GUILLERMIC tenait un Café, piano-bar à la «Gravelle».

*Henri BLANCHARD était Meunier à Gourveaux, son fils Roger lui a succédé.

* Jérôme LE LAY était Meunier à Poulancre.

Cette liste est non exhaustive et a été constituée selon la mémoire de nos doyens.

Ancien bourg St Gilles vieux Marché

Photos mariages et banquets, Documents patrimoine, Photos classes et scolarité

Consulter sur le site internet de l'association l'Arentèle.